atelier d'écriture

Vendredi 31 juillet 2009

14 avril 1972


Sana vient de terminer la lecture de la trilogie de Marcel Pagnol.

Elle referme « le temps des secrets » et part jouer avec ses copines en bas de l’immeuble. Tout l’après-midi piaillements, jeux, disputes emplissent son insouciance sautillante. De retour, entre douche et devoirs, elle décide de ranger sa bibliothèque. Les livres roses, les livres verts  et les autres, elle classe, range par auteurs. Tiens, Pagnol, où sont ces livres ? Pas moyen de les retrouver. C’est Adama ! J’en suis sûre, il a dû me prendre ! Ça se passera pas comme ça ! Irruption volcanique dans la chambre de son frère. Violente dispute fraternelle, échanges de mots doux, de coup ; il est plus grand, Adama, il a le dessus. Sana pleure, ni les mots ni les coups ne sont à l’origine du chagrin et de la colère.

 

Ils sont à moi, c’est tout ! Je les ai tellement aimés !

 

 

5 janvier 2002

 

A 18 heures, elle sera prête, l’angoisse ravalée, elle parlera de sa recherche, des motivations. Elle déroulera son cheminement comme un ruban, ménagera les méandres, ne s’y prendra pas les pieds. Encore deux heures et tout sera fini.

Epaisse et lourde, comme ses pas, bientôt deux heures qu’elle m’interroge. Derrière ses lunettes, la malveillance de son regard ne m’échappe pas, sa mauvaise foi non plus.

Je résiste, encore, encore un peu de temps. Ne pas ruiner tant d’efforts ! Pas un mot, pas la moindre révolte. Ce n’est plus la peur que je ravale, c’est une colère profonde, que je sais juste.

Après délibération :

La note. Elle me la  jette au visage comme un bouquet de fleurs qu’elle aurait scrupuleusement piétiné pendant deux heures.

 


Hiver 1962 – tous les soirs


 20 heures, c’est l’heure à laquelle sa maman tient à ce qu’ils se couchent. Ils ont déjà brossé leurs dents.

Elle n’en a jamais rien dit, mais Sana a terriblement peur d’aller au lit. Ce n’est pas la solitude du sommeil, ce n’est pas la crainte du noir qui la terrifient. Après l’histoire lue aux deux petits couchés tête bèche dans le même lit, après le baiser tendre de leur papa et de leur maman, les parents se retirent. Pour quelques quarts d’heure, la cuisine devient le lieu des adultes et de leurs histoires. Accès interdit à Sana et à son frère. Pourtant, un rectangle de lumière encadre la masse de la porte mal jointe. Aux rais de lumière s’ajoutent la musique. Une musique aux pas lourds, une musique aux pas sourds. La radio fait peser des histoires, des histoires de grands.

 

« Les maîtres du mystère » règne sur la terreur de Sana.

 

 

 Sans date – Stabat mater

Sana écoute

 

La voix a pris place, elle habille l’espace. Inhabituelle, la tonalité, les teintes puissantes aux limites ébréchées.

Le temps est fragile. Une fêlure circule, incertaine, la transparence respire

 

Elle se dissout, l’instant est pur

Par cerise
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Jeudi 30 juillet 2009

31 décembre 1996


Sana connaît des instants purs ; purs c’est ainsi qu’elle les définit.


Elle a pris l’avion, est allée au bout du monde. Là-bas, peut-être… un lambeau, une bribe…

Devant elle, le lac, le silence, parfait.

L’air circule, léger, les ailes du vent.

Claire, l’eau du lac, autour la chaîne du Paine, ses trois tours.

Sana inspire profondément : elle absorbe, ou peut-être est-elle absorbée ?

 

Confusément, fusionner :

elle plante sa tente, c’est là !

 

12 juillet 1991


Tiens, le coq chante !


Sana se souvient : les matins d’été, le silence.

Ses parents restaient en ville. Eux, les petits partaient en vacances chez leurs grands- parents.

Le coq, je ne le voyais jamais, il était dans la basse-cour des voisins.

 

Pas de coq, juste son chant et la lumière fraîche,parfois

juste son chant et l’épaisse chaleur.

 

 

5 août 1980


Aujourd’hui elle rit et court, court, court, le coeur hors d’haleine.

 

Sana est sortie du bureau fatiguée mais sereine. Elle a souri, regardé les feuillages bouger dans le bleu, elle a humé l’air calme, est allée jusqu’à la gare le pas léger et nonchalant. Elle s’est assise dans le wagon de queue. Pendant le trajet qui la ramenait à la maison, elle a somnolé bercée par le tangage ferraillé des voies. A Verneuil, elle descend et elle se souvient :

 

Aujourd’hui, mardi 5 août, elle a rendez-vous avec Joshua !

 

 

 

Par cerise
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Mercredi 29 juillet 2009

 

Alba

Je vais me poser là, dans ce petit coin, je pourrai voir sans être remarquée. Alba est attablée au café- bar de l’Arrivée. Ce qu’elle veut Alba, c’est se faire discrète et un petit crème pour se remettre de sa journée d’humiliations. La tasse qui lui est destinée arrive sur un plateau chargé de bières, entre autre. La serveuse pâle, sa journée lui semble sans fin, un sac, elle trébuche. Au milieu d’un fracas de verre brisé, les liquides se répandent, la serveuse aussi. Alba regarde le désastre, la serveuse est pitoyable. Le groupe buveur de bière rit, se moque de la fille trempée. Aucun ne fait un geste pour l’aider, même le grossier qui a laisser traîner son sac. Alba se recroqueville sur son siège. Non, j’peux pas, j’peux pas supporter ! Les rires, les cris, les blagues grossières la tassent sur sa chaise. Oh, oui ! Elle sait ce que ressent la serveuse, elle en a même une conscience aigüe, si aigüe, que chaque intonation, chaque grossièreté lui entre comme une vrille dans la boîte crânienne, lui transperce le cœur jusqu’à l’âme. Elle reste –là, regarde la scène sans un mouvement. Ses yeux pourtant si facilement inondables restent ouverts, ronds, secs. J’ai honte, j’ai honte, mais j’peux pas. J’peux pas supporter et j’peux rien pour elle, j’ai trop mal à moi. Elle sent les larmes de la serveuse couler sur sa douleur, le long de son épuisement. J’peux pas, j’en peux plus. Dans l’indifférence goguenarde, la fille ramasse les mille morceaux de son chagrin, éponge sa honte et la bière. Alba sort du café, dans la rue sa vue se brouille.

 

Maurice

J’en ai marre de cette fille. Vraiment trop maladroite, elle a encore cassé trois tasses cet après-midi. Bruyant, un groupe de sportifs entre. Ça doit être des footeux, mais j’les connais pas ceux-là, c’est pas l’équipe de St Martin. La serveuse s’approche, toute jeune, timide encore, elle prend la commande sur un calepin. Pourrait faire un effort de mémoire, cette fille quand même ! C’est pas la mer à boire de se souvenir que les footeux ça marche à la bière ! La serveuse rougit aux blagues vulgaires. Elle s’approche de la jeune fille, là- bas dans le coin. Ah ! Enfin, elle a compris qu’elle pouvait prendre plusieurs commandes en même temps. Avec un peu de chance, elle mettra toutes les boissons sur le même plateau ! Pas sûr qu’elle fasse carrière dans le métier, celle-là ! Maurice, lui, il est toujours au bar, il sert les ballons de rouge, les panachés… Avec les habitués, il parle du temps, des résultats de foot, parfois il leur explique la vie, ce qu’il ferait s’il était à la place de Sarko et que ça se passerait pas comme ça avec les jeunes, les chômeurs et les étrangers. Sur le plateau les bières, les cafés, les limonades se préparent. Elle ne sait pas porter un plateau chargé comme les vrais serveurs, ça ne fait rien, elle le portera à deux mains, c’est mieux que de tout renverser. Elle prépare les additions pour les deux tables. Oui, elle est un peu lente, mais s’il arrêtait de la surveiller avec cet air-là, elle se sentirait moins mal à l’aise. Oh là là ! Cette fille me tape sur les nerfs, elle set à deux à l’heure, c’est pas gagné pour les pourboires !  Oh, non, mais noooon ! Mais c’est vraiment une pauv’conne ! Elle a tout foutu par terre. Non, mais qui m’a refilé une andouille pareille ! J’y crois pas… ça, c’est pour elle, je lui retiendrai les additions sur sa paye, non, mais vraiment… Bon, puis elle va se démerder avec tous ces bouts de verre, faut quand même pas charrier ! J’vais quand même pas lui filer un coup de main. Là, j’en peux plus. Elle s’est fait mal, ben, j’m’en fous !


 Un client

Ce soir, je suis venu là pour t’écrire, t’attendre, je ne sais… ce café de l’Arrivée à la gare de St Martin, je m’y installe chaque soir depuis deux ans. Non, pas le samedi ni le dimanche, ces jours –là, tu ne prends pas le train. J’aime bien me mettre à cette table. C’est là que nous nous étions installés un soir de printemps pluvieux, et que nous avions ri de nos mines détrempées. Je t’avais proposé un café, finalement nous avions bu un whisky bien plus efficace pour les réchauffements. Peuff, ça fait un quart d’heure que j’attends mon whisky, cette fille n’est pas une flèche ! Deux ans que je t’attends, mes potes me disent que je suis ridicule, ils n’ont sans doute pas tort. Oh là, j’ai rarement vu une nouille pareille. Elle est par terre, trempée de bière, de café ! J’crois bien qu’y avait même pas mon whisky, ben c’est tant mieux ! Le train de 19 heures 16 est passé. Comme chaque soir depuis deux ans, tu n’en es pas descendu, bon, ben, je file, j’m’en fous moi, de cette fille !


 Drôle de type 

Moi, je suis un type plat et sans histoire, d’autres diraient rond et lisse. Dans ce café, ça fait des lustres que j’y suis. Je ne demande rien, qu’un petit coup d’éponge de temps en temps, j’aime être net. Mon rôle, c’est le service. J’suis dévoué, toujours dispo. Cette petite serveuse, moi, je l’aimais bien. Elle était vraiment charmante avec tout le monde, douce et trop timide sans doute. Le gros Maurice, le patron, il s’est conduit comme un porc avec elle. Remarque celui-là, il a jamais fait dans la dentelle ! Le jour de la chute, elle avait tout noté, scrupuleusement préparé les commandes qu’elle avait disposées sur moi. Elle ne savait pas me porter d’une seule main, c’est vrai, il faut de l’expérience. Ce soir –là, elle avait chuchoté en m’empoignant à deux mains qu’elle s’entraînerait chez elle avec des gobelets en plastiques. Tout aurait dû bien se passer, seulement un des rustos du foot avait laisser son sac en travers du passage. La p’tite, elle pouvait pas le voir, elle s’est affalée et j’ai valdingué et les commandes avec. Alors, là, j’en suis pas encore revenu ! Personne n’a levé le petit doigt. Les rustiques du foot se sont moqués d’elle, la jeune fille du fond est partie pleurer dans la rue, quant au grand couillon qui vient tous les soirs attendre quelque amour fantasmé, il est parti sans demandé son reste. Et je ne parle pas du patron ! Furibard, il a attendu qu’elle ait tout ramassé, tout nettoyé. Il l’a entraînée dans l’arrière cuisine, lui a passé un savon comme jamais, lui a envoyé quelques noms d’oiseau agrémentés d’ « incapable » et de « bonne à rien », lui a fait son compte et l’a jetée dehors. J’étais bouleversé, mais qu’aurais-je pu faire ?   

 

Par cerise
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Mardi 28 juillet 2009

 

Au vitriol

 

Je n’ai jamais beaucoup aimé cette fille. Petite déjà, elle était très mielleuse. Elle voulait toujours plaire et elle ne nous épargnait aucune mièvrerie à son père et à moi. Lui, son père, il en était fou. Une ressemblance confondante avec sa mère, faisait de lui un père ridiculement attendri. Dès qu’elle ouvrait la bouche, je le voyais fondre ; le moindre de ses désirs était exaucé dans les plus brefs délais.

La petite, peau blanche et boucles brunes, singeait sa mère qu’elle chérissait sans l’avoir jamais connue ; et dans son cœur, comme dans celui de son père d’ailleurs, il n’y avait qu’admiration pour cette mère défunte. Cette gamine hypocrite mettait tout en œuvre pour que je m’énerve contre elle et rituellement, son père en faisait des psychodrames. Pour la place de belle-mère et une fin sans histoire, il aurait fallu une niaise de la même espèce que ces deux-là et en ce qui me concerne, il y avait eu erreur de casting.

 

De velours

 

Quand je suis né, elle était très petite. Elle n’avait que deux ans et ses pas mal assurés la conduisaient souvent vers moi. A cette époque, il n’y avait pas de jouets en peluche, moi, j’étais pile – poil – si j’ose dire – à sa hauteur et justement ce qu’elle aimait, c’était le contact de mon pelage. Je suis un chat un peu racé : mon père n’était qu’un gueux des gouttières, mais ma mère une très belle chartreuse. Le gris et la douceur de mon poil l’attiraient et avec la tendresse des enfants sans maman, elle passait des heures à jouer, me caresser, me parler. Elle comprenait le langage miaulé et ronronné, j’avais fait de gros efforts pour interpréter ses intonations. Nous étions inséparables et s’il n’y avait pas eu la belle-mère avec son miroir, nous aurions eu une enfance très heureuse.

 

Abrasif

 

Un jour, elle a débarqué chez nous. On était au boulot et quand nous sommes revenus, elle était là. Elle avait fait le ménage ! Sept mecs qui vivent ensemble, ça laisse des traces ! Quand on a ouvert la porte, on n’était pas sûrs d’être chez nous. Au début, on était étonnés, après on a été contents, mais, moi pour finir, j’ai trouvé ça insupportable. D’accord c’était nickel, mais pour trouver quelque chose dans une maison propre et ordonnée, c’est mission impossible. Nous, dans notre bazar, on avait l’habitude, on s’y retrouvait. Après son arrivée, il a fallu faire attention, ne pas salir, ne pas dérager, rentrer à l’heure, ne plus roter en buvant des bières… bref, avec son gentil sourire et son air angélique, elle nous a transformés en nains rangés des bécanes !  Moi, perso, j’en pouvais plus de faire tous ces efforts, les autres voulaient même que j’arrête d’être grincheux…

 

L’aubaine

 

 Une fille géniale ! C’est l’expression qui m’est venue lorsqu’elle s’est réveillée. Charmante, il est vrai, mais pas seulement. Une fille drôle, spontanée. Elle ne me l’a pas joué « Belle au bois dormant, j’me réveille et battements de cils ». Elle était souriante, un peu fatigué, le teint pâle, les yeux gonflés après le coup du poison. Elle a pas parlé de l’autre sorcière, elle m’a juste demandé si j’avais quelques news de son père et du matou. Ensuite, elle m’a proposé d’aller boire un café, elle en avait bien besoin et moi, j’étais trop content de pouvoir prolonger cette rencontre. Avec une fille comme ça, faut pas se rater !

 

Par cerise
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Lundi 27 juillet 2009
C'était au temps de l'Europe des frontières.
Le train tanguait sa berceuse, je somnolais.
Arrêt : des voix résonnaient une autre langue
Se perdre un peu

La maison dans la lumière, vide,
pas d'odeur de café, seul le silence clair,
ouvert aux rêves
Se perdre un peu

Réveil matinal. Le sommeil ne veut plus rien savoir.
On lit en douce, sous le rideau.
Puis les picotements, la valse des lignes noires
à nouveau
Se perdre un peu

Départ : La voiture chargée, portières claquées.
L'asphalte déroule ses variations grises à suspens blancs,
infiniment

Se perdre un peu

La chaleur étouffante m'oppresse.
Un apaisement possible :
le carrelage à l'ombre des volets.
Dans la seule sensation
Se perdre un peu



Par cerise
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Lundi 20 avril 2009

Oiseaux de mer, oiseaux de terre,

de marais, de poubelle,

oiseaux sédentaires, oiseaux migrateurs,

chanteurs ou croasseurs,

petits ou gros, colorés ou sombres

vous êtes ponctuation.

Légers ou lourds,

vos manières ne changent rien :

sur vos plumes

dentelles comme hirondelle,

ou chiffons comme corbeau,

dans vos serres, dans vos becs

la beauté vous portez

sans projet

vous la laissez tomber

ici, dans la bouche du fleuve tranquille,

là, sur les usines déchaînées en raffinerie.

De vos gosiers, haut-parleurs de technologie

s’échappent les fonds sonores

sans stratégie

vous ambiancez.

Abricots dodus, viandes avariées

vos voyages tissés

d’ailes en battements,

envolent les mots

à poésie ajourée

 

 

 

Par cerise
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Jeudi 16 avril 2009
Juste un p'tit caillou
j'aimerais bien ...
Un p'tit caillou hors du temps
qui surfe les siècles et les secondes
souple, la tête légère

Un petit caillou de grand chemin
témoin muet de passages anonymes
de passages à grandes pompes

Un p'tit caillou, une vie de rien
une vie qui s'étire doucement
à l'intérieur. Un vie qui brille
un peu, juste quelques facettes éparses
au milieu du gris; pas seulement
en surface, quand le soleil...
Non, des p'tites lumières disséminées
qui respirent aux gris, aux noirs.

Bref, juste un p'tit caillou que
l'on ramasserait parce qu'il serait rond
parce qu'il serait chaud
un p'tit caillou que l'on emporterait
Par cerise
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Mardi 14 avril 2009

Fragments

La blancheur froide éblouit le paysage comme évidence.

La glace fissurée noire, essaie des miroitements.

Les arbres sur la pointe des pieds mirent leur cime dans les flaques.

Chuut ! Chute d'eau !

Roc enchassé, racines enlassantes, amour étouffant.

Les souches sans vie apparente, bras et jambes pliés, repliés
étreignent la terre, ne lachent pas.

Quelques plis majestueux
dans un élan de chêne massif
seuls restes d'une grandeur.


 

Par cerise
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Lundi 13 avril 2009

Il chaufferait sa peau sur la pierre ensoleillée
espacerait les battements de paupières
étirerait ses griffes
pour goûter la sensation molle
goberait l'insignifiant
déambulerait l'inconséquent
Il diluerait le minéral

Par cerise
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Lundi 13 avril 2009

Vivre fatigue
         picore
          dévore

Vivre fatigue
          sautille
            virevolte

Vivre fatigue
        frémit
          somnole

Vivre fatigue
               transporte
            emporte

Vivre mord

Par cerise
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